Comment réagir aux techniques d’argumentation abusives?

On parle de techniques d’argumentation abusives, lorsqu’une personne emploie des procédés douteux, des astuces bon marché et des manipulations rhétoriques, dans le but de faire naître des émotions et de compromettre ainsi fortement le déroulement de la discussion. Les autres participants à la séance doivent apprendre à réagir à ce genre d’inconduites.

Techniques d’argumentation

Description, exemple

Réactions

Faire des généralisations hâtives

Une assertion généralisante en lieu et place de raisons et de faits probants. Généralisation abusive de cas particuliers.

«Cela a toujours été comme ça dans la politique financière du canton x.»

N’acceptez pas ce genre d’argumentation sans réagir. Demandez des exemples ou des précisions et vous verrez aussitôt ce que valent ces arguments.

«Pourriez-vous être plus précis(e)?»

Argumenter avec des mots-clés

La personne n’avance aucun argument objectif ou raison probante.

«Pas de succès sans top management.»

 

Etant donné que les connaissances spécifiques en la matière font souvent défaut manque, ce genre d’argumentation s’effondre généralement lorsqu’on demande des précisions.

«Que signifie pour vous «avoir du succès» dans la situation économique actuelle?»

Arguments d’autorité

Les citations utilisées ponctuellement peuvent servir à renforcer ou rendre plus clair un avis personnel. L’emploi de cette technique devient contestables des citations détachées de tout contexte sont utilisées pour

-          tenir lieu d’argument;

-          conférer davantage de poids à des assertions douteuses;

-          réduire les autres au silence.

«Le philosophe allemand Hegel a répondu de la manière suivante à cette question.»

«Le professeur XY en a parlé dans l’article publié dans la revue Human Science.»

Ne vous laissez pas éblouir par des arguments d’autorité louches ou abusifs.

«Votre opinion à vous m’intéresserait bien plus.»

Appel à la tradition

Les expériences peuvent être instructives et enrichissantes, mais elles ne peuvent pas servir d’arguments. Ce type d’argumentation est malhonnête si, selon les participants (âgés), leurs expériences personnelles doivent servir de base exclusive à la discussion.

«Cela fait des années que nous procédons ainsi et cette procédure a fait ses preuves.»

Si une personne argumente de façon hautaine en mettant en avant ses expériences, il faut en tous les cas s’y opposer.

«Les conditions cadre ont pas mal changé ces dernières années.»

Appel aux sentiments

Les sentiments sincères doivent être pris en compte et non pas démantelés, sauf s’il s’agit d’un appel abusif aux sentiments.

«Cela entraînera encore plus de criminalité et de violence. On n’ose plus se promener dans les rues.»

Il sera possible d’infirmer ces arguments en posant des questions.

«Pouvez-vous nous citer des chiffres pour justifier ces arguments?»

 

Digressions

Si on a été poussé(e) à bout par des questions ou des arguments, on esquive en changeant de sujet.

Il s’agira de reconnaître et de mettre un terme le plus rapidement possible à ce type d’argumentation. Sinon, on perd trop de temps.

«Peut-être me suis-je mal fait comprendre, je reformule donc ma question.»

Isoler un élément

On ne retient ici qu’un seul élément d’une analyse globale. On fera preuve d’une plus grande mauvaise foi encore si on utilise en plus une digression ou si les propos sont détournés de leur contexte.

«Pour des raisons de temps, je souhaiterais concentrer mon attention sur le point x de vos propos...»

Il faudra surtout s’opposer à ce type d’argumentation, s’il est établi des liens qui déforment le sens.

«Si vous vous limitez au point X, je peux donc partir de la supposition que vous approuvez les autres points?»

Arguments semant la confusion

Un flot de paroles confus a pour but de démanteler une question objective et de troubler les autres participants.

«Cette situation fort complexe et aux multiples facettes ne nous permet pas d’arrêter notre choix sur une option particulière, mais nous pouvons toutefois postuler, même si notre position doit régulièrement être rediscutée et soumise à une réflexion critique, que nous pouvons participer à cette phase d’évaluation, afin de...»

En posant des questions précises, vous ramènerez la discussion au point de départ commun et parviendrez à obtenir des réponses concrètes.

«Que trouvez-vous de complexe à cette situation? Quelle est réellement votre position sur le sujet et qu’entendez-vous par soumettre à une réflexion critique?»

Attaque contre la personne,

Argumentation ad hominem

Les participants deviennent des adversaires; ils s’insultent, se dénigrent et se lancent des accusations.

«Vous ne savez pas de quoi vous parlez et croyez tout ce qu’on vous dit.»

Il faut conserver son calme coûte que coûte. Selon la gravité de l’affront, il appartient à la présidence de veiller au respect des règles du jeu et de surmonter cette phase.

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